08 janvier 2019

Madame Riepp


 

La vérité sur l’affaire Anne-Françoise Eve (1)


Il y a 240 ans mourait à son domicile, rue de la Prévoté à Dijon la veuve du facteur d’orgues  Charles-Joseph Riepp, décédé moins de quatre ans auparavant, le 5 mai 1775 (Cf : https://karljosefriepp.blogspot.com/2010/05/dijon-6-mai-1775-macabre-decouverte.html )
Madame Riepp en 1766
« Dlle Anne Eve Vve du Sieur Charles Joseph Riepp, Md en cette ville agée d’environ soixante un ans est décédée sur cette paroisse le deux janvier 1779. Et a été inhumée le Trois du même mois au grand cimetière de cette paroisse En présence de Messieurs les prêtres et des témoins soussignés
Trouvé               Molée       Menu curé »
(AD21, Paroisse Saint Philibert, BMS 1779)
Anne Françoise Ève était née à Dole le 30 mars 1718 :
« Anne Françoise, fille d’antoine Eve et de charlotte Marchand sa femme est née le 30 et a été baptizée le trente et un mars 1718 ; les parrein et marreine sont françois philipe Eve et anne françoise Fournier et ont signé fr P Eve Saulnier ptre vic. »
Le 4 avril 1741, devant Magdelaine notaire à Dole, en la maison de sa grand-mère Anne Fournier, cette riche héritière d’une grande famille doloise s’engage à prendre pour époux le facteur d’orgues allemand Charles-Joseph Riepp. Elle manifeste son caractère en déclarant :
 
« En présence des quels notaire et témoins, la dlle future épouse a déclaré aud. Sr futur époux que nonobstant l’affection sincère qu’elle a pour luy ce seroit pour elle le sujet de la plus grande douleur sil venoit a la tirer de sa famille pour la conduire en Allemagne, quelle luy avoit toujours dit combien elle avoit de répugnance a aller dans un royaume ou province dont elle n’entendoit pas la langue et ou elle ne seroit elle meme pas entendue et que c’était à cette condition quelle avoit consenti au mariage.
Surquoy le Sr futur époux luy a répondu qu’il désiroit si fort de rendre sa vie heureuse et tranquil qu’il chercheroit toutes les occasions a luy laisser jouïr des consolations de sa parenté et la assuré en son honneur qu’il ne songeoit a faire aucun autre établissement qua dole, que si cependant l’état de leur affaire les engeoit a un autre établissement, ce ne pourrait être que dans le duché ou comté de bourgogne et que s’il venoit a rompre cette promesse il luy donneroit pouvoir desaprésent de jouïr de ses biens comme biens paraphernaux (*) pour que sa vie soit plus douce tandisqu’il feroit quelque entreprise dans des paÿs autres que les deux cydessus. »
(* Biens paraphernaux : biens qui sont la possession d'une femme mariée sans faire partie de sa dot et qu'elle peut administrer à sa convenance).
Le 18 avril, le mariage est célébré en la collégiale Notre-Dame de Dole, en présence de nombreux témoins, parmi lesquels on remarque les amis de Riepp : le peintre Pierre Morlot (1716-1784) et l’organiste Claude Rameau (1690-1761).
Le 3 mars 1742 nait le premier enfant : Charles Robert Joseph, dont le parrain est Robert Riepp et la marraine, la mère d’Anne Eve : Charlotte Marchand.
Ensuite, le couple s’installe à Dijon paroisse Saint-Philibert dès 1743, et loue la « maison de l’Aumonerie » aux bénédictins de Saint-Bénigne. De nombreux enfants naissent, jusqu’en 1764 (Madame Riepp a alors 46 ans …) ; au total 10, dont seules survivront Jeanne-Françoise (Dijon 16 février 1753 -† Vosne 22 août 1802) et Claude (Dijon 6 octobre 1754- † 28 janvier 1812)
Le 17 octobre 1769, au domicile de Charles Joseph Riepp, rue de la Prévôté, devant le notaire Molle et de nombreux témoins parmi lesquels François Trouvé, abbé de Cîteaux oncle du futur, Dom Alexandre Denise, procureur de l’abbaye et aussi le peintre Pierre Morlot et Louis Weber, facteur d’orgue, compatriote et bras droit de Riepp, Jeanne Françoise Riepp s’engage à prendre pour époux Barthélemy Trouvé (Champagne-sur-Vingeanne, 9 février 1738-†Vosne 13 novembre 1804), conseiller au Parlement ; Le mariage est célébré le 24 octobre, en l’église Saint-Philibert de Dijon.
Ce mariage ne s’est pas fait par hasard : Charles-Joseph Riepp, a obtenu dès 1747 des lettres de naturalité et a été reçu le 13 janvier1748 dans la communauté des marchands de vin en gros et en détail de Dijon. Avec Madame Riepp, il entretenait d’étroites relations avec l’abbaye de Cîteaux et avec l’abbé de Salem Anselm II, qui ont perduré jusqu’à la fin de la vie de Riepp…
Madame Riepp, selon ses vœux n’a jamais accompagné son mari dans ses nombreux voyages en Allemagne, à Ottobeuren et à Salem, pour la construction des orgues, le commerce des vins ou les affaires de l’ordre cistercien. Elle avait procuration générale et traitait les affaires du couple à Dijon pendant les absences de Riepp. Dès le début des années 1760, ils achètent des vignes dans les meilleurs climats de la côte de Nuits, à Chambolle, Morey, Vosne, Gevrey… Charles Riepp et Anne Ève se sont ainsi construit un grand domaine viticole…
Fin 1774, Riepp revient de Salem où il a terminé la construction des orgues de l’abbaye ; il est malade ; le 13 avril 1775, il signe au profit de son fidèle compagnon Louis Weber une obligation de 12428 Livres représentant 20 années de gages qu’il n’a jamais payés… le 5 mai 1775, il meurt… Les scellés sont apposés sur la maison de la rue de la Prévoté. De nombreux créanciers accourent, mais Anne Ève et Barthélemy Trouvé font aisément lever les scellés : l’actif pouvait largement couvrir les dettes…
C’est en effet ce que j’ai écrit dans ma thèse, en 1985 p. 54,
« La légende répandue par J.A. Silbermann selon laquelle Riepp serait mort en faillite laissant sa veuve dans la misère est fausse. Il avait des dettes certes mais les domaines qu’il avait su acquérir dans les dix dernières années de sa vie pouvaient en répondre ».
 
Dans les archives Silbermann, éditées par Marc Schaeffer, Jean-André Silbermann écrit : (p 304 )
1782 :
„Im Julio hörte ich vom M. Lausserois von Dijon, der ein guter Organist und Liebhaber von Orgeln ist, dass Herr Riepp als ein Banqueroutier gestorben. Dann ob er zwar viel verdient hat und viele Arbeit gemacht, so hat er gar viel Arbeit die nicht gut war, zweymahl machen müssen“
« 1782 En juin, j’ai entendu dire par M. [Pierre-Philibert] Lausserois de Dijon, qui est un bon organiste et amateur d’orgues que Riepp était mort banqueroutier. Bien qu’il ait beaucoup travaillé et fait beaucoup de chantiers, il a fait beaucoup de travaux qui n’étaient pas bons et qu’il a dû refaire deux fois »,
et M. Schaeffer, citant ma thèse, ajoute en note :
„Diese Behauptung ist unzutreffend. Riepp hinterließ zwar Schulden, aber sein Grundbesitz war beachtlich. Lit Nr 61 S; 54 ».
« Cette opinion est infondée, certes, Riepp laissait des dettes, mais les domaines qu’il possédait pouvaient en répondre ».
Je confirme : Riepp n’est pas mort en faillite parce qu’il aurait du reconstruire deux fois des orgues mal construits. Mais entre mai 1775 et la fin de 1778, sa veuve et son gendre se sont organisés. L’annonce de Pierre-Philibert Lausserois en 1782 à Jean-André Silbermann ne concerne pas la mort de Riepp, mais la succession de Madame Veuve Riepp, ouverte le 2 janvier 1779, qui va déclencher pour certains de rudes épreuves et défrayer la chronique dijonnaise jusqu’au-delà de l’année 1782.
(à suivre…)
________________________________
Pierre Marie Guéritey, Karl Joseph Riepp et l’orgue de Dole, thèse de Doctorat en musicologie sous la direction de Daniel Paquette, Université Lyon II, juin 2015, Bron, Imprimerie Ferréol, 1985.
Marc Schaefer, Das Silbermann-Archiv : der handschriftliche Nachlass des Orgelmachers Johann Andreas Silbermann (1712-1783) herausgegeben von Marc Schaefer, Winterthur, Schweiz : Amadeus, 1994, 560 p.
Jacques Gardien, L’orgue et les organistes en Bourgogne et en Franche-Comté au dix-huitième siècle, Paris, Librairie E. Droz, 1943.
AD 21; AD39; Arch. Mun. Dole; Arch. Mun. Dijon; Generallandesarchiv Karlsruhe.
 
P.M. Guéritey 08 01 2019

30 juin 2018

DOLE – ÉTÉ 2018 LES AMIS DE L'ORGUE DE DOLE PRÉSENTENT


 

LES PETITS CONCERTS DU MARCHÉ


 Au grand-orgue historique (Riepp 1754) de la Collégiale Notre-Dame



Les samedis à 11 h 30 – Durée : 30 mn

Entrée libre, libre participation aux frais
 

21 juillet : DENIS BORDAGE (Lyon)

Œuvres de D. BUXTEHUDE et J.S BACH


28 juillet : GUILLAUME PRIEUR (Lyon)

Œuvres de J.P. SWEELINCK, S. SCHEIDT, H. SCHEIDEMANN

 
04 août : ETIENNE JACQUOT (Semur-en-Auxois)

Œuvres de P. ATTAINGNANT, J. TITELOUZE, D. BUXTEHUDE
 

11 août : VALENTIN ROUGET (Rouen)

Œuvres de J. TITELOUZE, E. Du CAURROY, G. MUFFAT


18 août : PIERRE PFISTER et ETIENNE BAILLOT (Dole)

Oeuvres de H. SCHEIDEMANN, S. SHEIDT, F. TUNDER

En ouverture des manifestations d'hommage à MICHEL CHAPUIS

 

Ces concerts sont organisés par l’Association des Amis de l’Orgue de Dole

Avec le soutien de la Ville de Dole.


 

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DOLE

18 et 19 août 2018

HOMMAGE À MICHEL CHAPUIS

Le 12 novembre dernier disparaissait Michel Chapuis, illustre organiste dolois.

Sa famille, ses amis, ses collègues, ses anciens élèves, les Amis de l’Orgue de Dole et la Ville de Dole

lui rendent un hommage festif en musique, en témoignages divers, en projections documentaires

et en échanges amicaux, autour du grand orgue Riepp de Dole auquel il était tant attaché.

 

Samedi 18 août

 11h30, Collégiale
« Petit Concert du Marché »
Pierre Pfister et Etienne Baillot (Dole, Collégiale N.D.)
 

14h30, Collégiale
Concert d’orgue
Henri Paget (Paris, Sainte-Jeanne-de-Chantal)

 
16h00, Salle Laloy à la Visitation

Rencontre,
Témoignages amicaux, familiaux et professionnels
 
20h30, Collégiale

Soirée en musique et en images :

- Concert d’orgue

Véronique Le Guen (Paris, Saint-Séverin)

- Projection de documents, par Laurent Chapuis

- Deux orgues, clavecin, clavicorde, et d’autres musiciens…

Dimanche 19 août

10h30, Collégiale

Messe dominicale, à deux orgues

14h00, Collégiale

Présentation détaillée de l’orgue historique Riepp

15h00, Collégiale

Visites brèves de l’orgue, à la tribune, par petits groupes

16h00, Collégiale

Tribune ouverte aux organistes

(inscriptions sur place samedi et dimanche)

18h00 : Fin

Entrée libre à toutes ces manifestations

 

LES AMIS DE L’ORGUE DE DOLE



Tél : 06 62 04 47 97 ou 03 84 72 61 12
 

18 avril 2018

Cathédrale de Dijon, Orgue 2018


 
dimanche  22 avril, 17h        Orgue et trompette 
                                             Christian Bacheley et Pierre Kumor. Arbois / Besançon

Dimanche 13 Mai, 17h           Récital d’orgue
                                               Stefan Kagl, Dom de Herford / Allemagne

Dimanche 10 juin, 17h           Airs sacrés célèbres pour soprano et orgue
                                               Petra Healander et Luc Antonini. Avignon

    
Juillet : ESTIVALES D’ORGUE (concerts à 18h)

Dimanche 15                          Orgue et saxophone
                                               Stefano Faggioni, orgue. Fabio Faggioni, saxophone          Morges/Suisse

Mercredi 18                            Deux visites-découverte du Grand-Orgue, à la tribune.
                                               A 15h et 16h 30.  Accès gratuit sur inscription préalable.

Dimanche 22                          Récital d’orgue
                                               Adriano Falcioni, Perugia. Italie


Mercredi 25                            Musique grégorienne célèbre pour orgue et chœur
Entrée gratuite                        Pierre Thimus, orgue. Liège. Belgique
Collecte au concert                 Chœur Les Ambrosiniens, Dir. Jean-Christophe Garandeau 
                                               Précédée d’une animation pré-concert à 17h15
                                               Présentation des jeux de l’orgue


Dimanche 29                          Récital d’orgue
                                               Martin Shetchell, Christchurch Town Hall, Nouvelle Zélande 
 

Dimanche 16 septembre         Journées européennes du Patrimoine
17h                              Spiritualité de la lumière et Patrimoine
Entrée gratuite, collecte       Père Didier Gonneaud / Maurice Clerc, orgue
 

Dimanche 14 octobre             La Vierge et la Nativité pour orgue et chœur
17h                                         Yves Cuenot, orgue.
                                               Chœur Polyphonia, Dir. Emmanuel Aubry


Dimanche 25 novembre,        Orgue et Bel Canto, Les grandes prières
17h                                         Sylvain Pluyaut, orgue. Fabienne Conrad, soprano

 
Entrées avec tickets pour tous les concerts sauf ceux du 25 juillet et 16 septembre, à entrée libre avec collecte.
Vente des tickets avant chaque concert, à la cathédrale.
Ouverture des portes 30 minutes avant le concert.
Chaises non numérotées, placement libre.
Prix public 14 €
Réduction 10 € (groupes, étudiants, scolaires, AOC)
Site des Amis de l'orgue de la cathédrale de Dijon
Renseignements AOC. Tél : 0683914629
Email: orguecathdijon@aol.com

 

11 avril 2018

09 avril 2018

Jean Marc Baffert historien des orgues de Bourgogne

Jean Marc Baffert est décédé le 7 juin 2017… A Lyon où nous étions étudiants dans les années 60, nous avons participé , avec aussi Henri Delorme, à la création de l’éphémère association Louis Marchand. Ce grand organiste français du xviiie siècle a été le sujet de la thèse de Jean-Marc : La vie et l’œuvre de Louis Marchand soutenue en 1986.
A l’époque, Jean-Marc jouait l’orgue de l’église du Bon-Pasteur sur les pentes de la Croix Rousse, instrument qui se distinguait principalement par la collection de chaussures abandonnées dans le soubassement par les organistes, d’Edouard Commette à Marynie Rose…
En 1974 et 75, la revue « L’orgue » publiait dans deux « Cahiers et mémoires » Les orgues de Lyon du xvie au xviiie siècle où Jean-Marc Baffert a recensé tout ce qui a concerné l’orgue dans les couvents Lyonnais jusqu’à la Révolution française. Dans ce texte publié il y a maintenant plus de 40 ans et qui reste une référence, apparaît la rigueur de sa méthode fondée sur la recherche exhaustive des sources d’archives et leur exploitation minutieuse.
Chacun poursuivant son chemin, nous nous sommes croisés épisodiquement dans divers dépôts d’archives départementales, en particulier à Clermont-Ferrand et à Dijon.
Jean-Marc Baffert portait un intérêt tout particulier aux orgues de Bourgogne (cf. son étude sur l’orgue de Semur-en-Auxois, parue dans Connoissance de l’Orgue en 1989 et 1990), et, distingué paléographe, il a trouvé et exploité maints documents des xvie et xviie siècles.
En 1996, la fédération des orgues de la Côte-d’Or (FOCO) organisait un colloque à l’occasion de l’inauguration du grand orgue restauré de la cathédrale de Dijon. A cette occasion, nul mieux que lui ne pouvait évoquer les facteurs d’orgues qui ont travaillé en Bourgogne avant les frères Riepp. De notre invitation a résulté une conférence qu’il a présentée avec sa modestie coutumière…et qui dresse le tableau le plus complet possible sur la question. Ce texte a été publié dans les actes du colloque, brochure éditée par la FOCO et restée assez confidentielle.
Les musiciens et musicologues qui l’ont connu - et d’autres- seront certainement heureux de retrouver ici (ou de découvrir) cette étude.
En diffusant ce texte, je souhaite garder le souvenir de cet ami, historien de l’orgue aussi savant que modeste.

16 janvier 2017

Les orgues Riepp d’Ottobeuren : 250 ans en 2016


 
Le 29 septembre 1766 était une grande fête à Ottobeuren : on inaugurait à la fois la basilique, œuvre grandiose de Johann-Michael Fischer, et les deux orgues de chœur de Riepp.

 
Ces deux instruments restent un des témoignages importants de l’œuvre du facteur. En effet au cours du temps, à cause de la Révolution française, de la sécularisation des cloîtres en Allemagne, et même avant, à cause de l’évolution du goût musical, comme à Dijon où le grand orgue de Saint-Bénigne a été profondément transformé par Richard dès 1788, les orgues de Riepp ont peu à peu disparu, détruits ou profondément transformés.
C’est dire l’importance des deux orgues d’Ottobeuren qui ont miraculeusement traversé 250 ans d’histoire sans transformation majeure (bien qu’ils aient été déjà mis au ton « moderne » par le successeur de Riepp Johann Nepomuk Holzhey ). De plus, après la disparition des orgues de Salem ils sont le seul exemple existant de la synthèse réussie par Riepp de l’orgue français avec l’orgue d’Allemagne du sud.
Il faut rendre hommage à Joseph Miltschitsky d’avoir organisé la célébration de cet anniversaire les 29 et 30 septembre dernier. Titulaire des orgues de la basilique, il leur a consacré une étude monumentale où on trouve enfin tous les détails de l’histoire de ces instruments depuis leur construction jusqu’à aujourd’hui :
Ottobeuren – ein europäisches Orgelzentrum
Orgelbauer, Orgeln und überlieferte Orgelmusik
Wissenschaftliche Beiträge aus dem Tectum Verlag: Musikwissenschaft | Band 8
ISBN 978-3-8288-3524-5
Tectum Verlag 2015
 
Un temps fort de cette célébration a été, le 29 septembre, la porte ouverte permettant de visiter en détails et d’entendre les deux instruments et aussi de circuler librement dans l’espace grandiose du chœur de la basilique, et aussi, le soir, en nocturne un concert (trop court !) de musique pour deux orgues de B.A. Pfeyll (Sonata in G) et B. Terreni (Sonata in D) interprété par Susanne Jutz-Miltschitzky. Josef Miltschitzky aux deux orgues Riepp.
Quelle émotion d’entendre ces instruments et aussi de retrouver l’univers baroque de la basilique…
Renversant !...
 
Le lendemain : Symposium, avec quelques communications (en allemand bien sûr)


 
Josef Miltschitzky :
Histoire de la construction et des restaurations des deux orgues de Riepp
Les projets de Riepp pour le 3e et un 4e orgue à Ottobeuren.
Markus Zimmermann :
Les appréciations de Jean-André Silbermann sur les facteurs d’orgues de son temps
Pierre-Marie Guéritey :
Riepp et les orgues sans tuyaux apparents (Paris, Saint Sulpice, Ottobeuren, Salem)
Le projet de Riepp et Feuchtmayer pour un orgue monumental sans tuyaux
apparents sur la tribune nord de la Basilique
(image complétée par symétrie)
Une version française de cette étude a été publiée ici-même : Charles-Joseph Riepp et les orgues sans tuyaux apparents (Pierre Marie Guéritey septembre 2014)      (merci Karin pour l'aide à la traduction allemande )
 
La présence de nombreux habitants d’Ottobeuren et des environs aux visites des orgues et aux petits concerts montre l’intérêt de ceux-ci pour ce patrimoine dont l’accès est aujourd’hui limité.
Enfin une découverte qui à elle seule valait le déplacement: la découverte des œuvres de Balthasar Riepp, cousin de Karl Joseph et peintre de talent, magistralement présentées par Josef Mair, auteur de :
Der Maler Balthasar Riepp, (1703-1764)
(Museum Verein des Bezirkes, Ehenberger-Verlag, Reutte 2003).
Le plafond de la chapelle  du cimetière d’Ottobeuren se trouve une belle fresque de  Balthasar Riepp représentant l’Assomption.de la Vierge Marie:
 
 
La signature de Balthasar Riepp
 
 

04 novembre 2016

Splendeur du Baroque à l’église de Saint-Jean-de-Losne dimanche 13 novembre 2016


Le concert proposé par la Schola Cantorum de Dijon le 13 novembre à 16 heures réunit deux des compositeurs les plus importants du 18e siècle Georg Friedrich Haendel et Jean Sebastien Bach.

Les qualités acoustiques et le décor du mobilier baroque de l’église de Saint-Jean-de-Losne avec son orgue historique de 1768 en font un cadre idéal pour ce concert consacré à des œuvres majeures du répertoire baroque.

Georg Friedrich Haendel né le 23 février 1685 en Allemagne, à Halle, est mort le 14 avril 1759 à Westminster. Il a reçu sa première formation musicale de Friedrich Wilhelm Zachow, (dont nous avons entendu la fantaisie pour orgue en ré majeur interprétée à l’orgue de Saint-Jean-de-Losne par Jean-Jacques Griesser lors de notre concert « orgue et trompes de chasse »)
Après plusieurs voyages à Berlin, Hambourg, Hanovre et en Italie, Haendel se fixe en Angleterre en 1712. Il devient vite célèbre comme compositeur d’opéras et organisateur de concerts.
En février 1727, Haendel sollicite et obtient la nationalité anglaise. Le roi George Ier meurt le 11 juin suivant et c'est Haendel qui compose les quatre grandioses Coronation Anthems (« Hymnes du couronnement ») pour chœur et orchestre, pour le couronnement de son successeur, George II.

Les 4 Coronation Anthems :
1-« Zadok the Priest » (« Zadok le prêtre ») est interprété depuis pour le couronnement de chaque souverain britannique :
Zadok le prêtre et Nathan le prophète oignirent Salomon pour le faire roi.
Et tout le peuple se réjouissait, et disait :
Dieu sauve le Roi, longue vie au Roi, que le Roi vive pour l'éternité 
Amen Alleluia !
(L'hymne de la Ligue des champions UEFA est un arrangement de cette pièce…)
2- « Let Thy Hand Be Strengthened »(« Que ta main soit plus ferme »)
Est une paraphrase du Psaume 89 :
La justice et le jugement sont les bases de ton trône ; la bonté et la vérité marchent devant ta face…
 Alléluia!
3- « The King Shall Rejoice » («  Le roi se réjouira »)
Utilise un texte du psaume 21 :
Yahweh, le roi se réjouit de ta force; comme ton secours le remplit d'allégresse!
Tu lui as donné ce que son cœur désirait, tu n'as pas refusé ce que demandaient ses lèvres…
4 - « My Heart Is Inditing » (« Mon cœur compose »)]
Cette pièce est une adaptation de versets du Psaume 45 et de Isaïe 49.
Mon chœur bouillonne d’une bonne parole ; je dis ce que j’ai composé au sujet du roi…




Jean-Sébastien Bach (1685-1750) est particulièrement connu par ses œuvres pour orgue. Au cours de ce concert, Patrice Bréfort interprétera 3 pièces de Jean-Sébastien Bach sur l’orgue historique de l’église:
Prélude en mi bémol majeur BWV 852 (du 1er livre du Clavier bien tempéré)
Choral « Christ unser Herr zum Jordan kam » BWV 684 (de la Clavierübung III)
Choral « O Mensch, bewein' dein' Sünde groß » BWV 622 (de l‘Orgelbüchlein)
Choral « O Mensch, bewein' dein' Sünde groß »