26 septembre 2010

Journées Riepp : 18 septembre 2010 en soirée






18 septembre 2010 à la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon : "Une soirée avec Riepp"...
La soirée, animée par Maurice Clerc organiste titulaire du grand orgue de la Cathédrale, débute à 20 heures avec un récital donné par Michel Alabau (Paris).


Le concertiste a choisi de jouer des compositeurs français des 17e et 18e s.
Tout d'abord André Raison (Offertoire sur "Vive le Roi des Parisiens"), puis Louis-Nicolas Clérambault (Suite du 2e ton : Grand Plein Jeu, Duo, Trio, Basse de Cromorne, Flûtes, Récit de Nasard, Caprice sur les grands jeux). Puis Jean-Philippe Rameau avec la Gavotte variée et une Chaconne (extrait d'Hippolyte et Aricie) transcrite par l'interprète. Une Noël de Balbastre "Où s'en vont ces gais bergers ?" et pour terminer Louis Marchand (Tierce en taille du 1er Livre et Grand dialogue en Ut majeur de 3e Livre). Grâce au Dr Alain Petitjean, vous pouvez écouter un extrait de la chaconne et le Caprice sur les Grands Jeux sur Youtube.
La soirée se poursuit avec un concert donné par le Choeur Fiori Musicali de la Maîtrise de la cathédrale, direction Etienne Meyer. A l'orgue positif Michaël Parisot et au violoncelle Alain Gervreau.
Le Choeur chante tout d'abord en procession Hymnus tempore Paschali puis une pièce de Jean-François Lalouette : O mysterium ineffabile, puis de Jean-Baptiste Lully : Laudate Pueri et de Jean-Sébastien Bach : Duo de la Cantate 4. Enfin pour terminer de Marc-Antoine Charpentier : Messe pour le Port Royal (Kyrie, Gloria, Benedictus, Agnus Dei) et Serve bone.
C'est l'occasion d'entendre de très belles voix et d'apprécier l'acoustique parfaite de la cathédrale. Sur Youtube (toujours grâce au Dr Alain Petitjean) : Laudate Pueri de Lully et le Gloria de la Messe pour le Port Royal.

Après ce très beau moment musical vocal, c'est au tour de l'organiste Mario Hospach-Martini de Konstanz (Allemagne) de faire entendre le grand orgue dans un programme de musique allemande : tout d'abord Dietrich Buxtehude (Toccata en Ré) puis Johann Pachelbel (Partita sur le choral "Was Gott, das ist wohlgetan") et de Georg Muffat Passacaille en Sol mineur. Pour terminer la Sonate n°IV en Ré majeur de Franz-Xaver Schnizer, compositeur que l'on retrouve à nouveau, et Jean Sébastien Bach : Toccata et fugue en Fa majeur.

La soirée n'est pas terminée. Christian Vernou, conservateur en chef du Musée Archéologique évoque le monastère bénédictin (Saint Bénigne deviendra bien plus tard cathédrale) à l'époque de Riepp.
Vers 23 heures, le public est convié à l'Office des Complies chanté par le Choeur des voix d'hommes de la Maîtrise de la cathédrale et l'Oraison et la bénédiction par le Chanoine Dominique Garnier. Cette célébration et la beauté des voix dans la cathédrale le soir seront un temps fort de grande émotion dans ces Journées Riepp.

Michelle et Pierre Marie Guéritey

22 septembre 2010

Journées Riepp : samedi 18 septembre après-midi

L'après midi du samedi 18 septembre débute par un premier récital donné à l'orgue de la cathédrale Saint Bénigne (l'autre grand orgue Riepp), à 14h30, par Josef Miltschitzky, organiste de la prestigieuse basilique d'Ottobeuren où se trouvent deux orgues historiques construits par Riepp.
Josef Miltschitzky a choisi de faire entendre des pièces de André Raison ("La paix tant désirée"), de Jean-Sébastien Bach (Toccata et fugue en Ré mineur dorienne), de Franz-Xaver Schnizer (Sonate n° 2 en F), de Justin Heinrich Knecht (Choral "Wer nur den lieben Gott lässt walten") et pour terminer deux extraits de "Miscellaneen" de Joseph Rheinberger.
Maurice Clerc accueille le public et présente chaque compositeur et les pièces jouées.
(Cliché Michelle Guéritey)
(Cliché Christophe Derryck)
(Cliché Michelle Guéritey) (Cliché Michelle Guéritey)
Après le concert, les participants reprennent le chemin du Théâtre des Feuillants pour une série de deux conférences. Si Charles Joseph Riepp est marchand de vins et propriétaire de vignobles, il reste avant tout facteur d'orgues.
Comme il a construit des instruments aussi bien en France qu'en Souabe, on peut se poser la question "Charles Joseph Riepp : un facteur d'orgues français ?". C'est à cette question que répond Pierre Marie Guéritey, qui a effectué de nombreuses recherches depuis les années 80 jusqu'à ce jour sur la personnalité et l'oeuvre de Riepp, en analysant les caractéristiques de sa facture, dans plusieurs de ses instruments tant français qu'allemands.
Dans une deuxième conférence, Josef Miltschitzky propose une "visite" des orgues Riepp d'Ottobeuren. Les participants peuvent entrer au coeur de ces orgues grâce aux photographies .
Les conférenciers sont chaleureusement salués par des applaudissements et après ces considérations un peu techniques, place à la musique avec un concert de clavecin et chant : "Compositeurs bourguignons et francs-comtois au temps de Riepp".

Yves Cuénot au clavecin et Florence Forgeot, soprano, interprètent plusieurs pièces de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Claude Balbastre (1724-1799) et Jean-François Tapray (1738-1819) , dont plusieurs extraits des Indes Galantes, et des Ariettes charmantes du célèbre Balbastre.
(Cliché Michelle Guéritey)

21 septembre 2010

Samedi matin 18 septembre à Dijon : Riepp, la vigne et le vin

Journée Riepp : 18 septembre 2010
Charles Riepp La vigne et le vin

La matinée du samedi 18 septembre a été consacrée, à Dijon (Théâtre des Feuillants) à Riepp, marchand de vin et propriétaire.

Après la présentation de l’histoire et de la géographie du vignoble bourguignon par Gilles Trimaille et l’évocation de la réussite de Charles Riepp marchand de vins à Dijon et propriétaire dans la côte de Nuits par Pierre Marie Guéritey, Gilles Trimaille a dirigé la dégustation de 3 vins dont un Morey-Saint Denis 2008 qui provient de vignes du climat „En très Girard“ à Morey, dans lequel Riepp possédait 4 ouvrées ½ acquises en 1767.
Pendant le week-end, les participants ont pu acquérir des bouteilles de ce vin (proposé par les Amis de l'orgue de la Cathédrale de Dijon), qu’il convient de conserver quelques années en cave pour qu’il révèle toutes ses qualités.

Naturalisé Français en 1747, Charles Riepp est reçu en janvier 1748 dans la corporation des marchands de vins à Dijon, il développe son commerce dès le début des années 50 : ses clients sont évidemment les abbayes: Ottobeuren et Salem, et les cours princières d’Allemagne du sud qu’il fournit par l’intermédiaire de son beau-frère Johannes Danner, marchand de vin à Ottobeuren.
Ensuite, il achète des parcelles de vignes dans la côte de Nuits : à Gevrey, Chambolle, Morey et Vosne. « Je vous dirai en passant que nous avons fait l’année passée des excellents vins en Bourgogne et à bon prix, et ma femme ne mande que cette année 1763 a belle apparence. Je le souhaite car j’ai acheté un domaine en vignes qui doit me produire 80 pièces de vin, lesquelles vignes sont à Vosne et au-dessus du Clos-Vougeot… » (à Ottobeuren, le 5 août 1763) .
Climat En Songe (près du cimetière de Gevrey) (Cliché Pierre M. Guéritey)En Très Girard, à Morey (cliché Pierre Marie Guéritey)
Lorsqu’il meurt à Dijon le 5 mai 1775, il exploite environ 20 ha. de vignes qui produisent 500 hl., et, outre d’autres domaines agricoles, il est propriétaire d’environ 6 ha. de vignes. Son domaine comprend des vignes dans des climats très estimables comme «En songe » à Gevrey, « Les Loichosses », « sur la fontaine » à Vosne etc.
Transmise par héritage à son gendre Barthélemy Trouvé puis à son petit fils Léon Trouvé (décédé en 1856), la maison de Riepp à Vosne existe encore (rue des communes).Ancienne maison de Riepp à Vosne (cliché Pierre Marie Guéritey)
«A l’égard des vins vieux que Votre Excellence a souhaités, je crois qu’il serait à propos de les envoyer dans le mois de février ou mars, alors que les vins nouveaux de 1770 ou 1771 seront soutirés de leur lie et comme les vins de 1771 sont très bons et pas chers et que j’ai acheté une petite provision pour Votre Excellence et pour mes autres pratiques, à toutes sortes de prix, comme à 200, à 250 à 300, à 400 et à 600 Livres la queue Le Clos [Vougeot] est tout vendu sur lie à 600 Livres [la queue] et soutiré serait à 640 Livres. J’ai gardé de mes meilleurs [vins] de Vosne, ainsi j’attends les ordres de Votre Excellence, à savoir à quel prix Votre Excellence en souhaiterait [acheter]. Ces vins de 1771 seront prêts à boire dans un an ou 18 mois. Ainsi, j’attendrai vos ordres [….] je tacherai de mériter votre attention soit par le prix des vins soit par le prix des orgues…. »
(Charles Riepp à l’Abbé Anselm II de Salem, Dijon le 9 décembre 1771)
[Une queue contient deux pièces de 228 litres, soit 456 litres, ou quatre feuillettes de 114 litres, soit 600 bouteilles].

La matinée du 18 septembre à Dijon, en images :
Théâtre des Feuillants, Dijon, conférence de Pierre Marie Guéritey "Riepp marchand de vins et propriétaire". Cliché Michelle Guéritey.

Puis la dégustation est conduite par un spécialiste des vins, Gilles Trimaille (par ailleurs professeur d'histoire du Droit à la Faculté de Droit de Dijon) qui explique les différentes phases de la dégustation, répond aux questions, guide le public dans sa découverte des vins par une analyse sensorielle très précise : l'oeil, le nez et la bouche. Les participants sont très attentifs.
En effet, pour Gilles Trimaille, "Le vin est un produit complexe, difficile à décrire pour le non initié. Que chercher ? Comment s'y prendre ? Comment interpréter la robe, identifier les arômes et évaluer la complexité, l'élégance, l'équilibre et la longueur en bouche ? La réponse est à la fois simple et complexe car la dégustation est un art qui fait appel à tous les sens."...

Christiane, toujours parfaite maîtresse de maison...
Georges Trimaille ... en matière de connaissance du vin, le père vaut le fils.
Pierre Marie Guéritey retrouve Charles Gignoux et Régis Forissier. Ils ne parlent pas de vin ... mais de leurs vieux amis Beaucourt et Voegeli...
Pas de secret oenologique pour l'Abbé Henri Ménestrier qui a été curé dans la Côte...
Et pour finir la matinée, les participants aux Journées Riepp se retrouvent dans les locaux de la Maîtrise pour partager le déjeuner, avant le premier concert de l'après midi.
(Clichés Michelle Guéritey)

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Pour en savoir plus sur le vignoble bourguignon :Histoire du vin de Bourgogne / Jean-François Bazin - Paris : éditions Jean-Paul Gisserot, 2002. 124 p.

Pierre Marie et Michelle Guéritey.

20 septembre 2010

Journée Riepp à Dole, le 17 septembre 2010



17 septembre 2010
Charles Riepp à Dole
C’est dans la collégiale Notre Dame de Dole, où il habitait depuis janvier 1740, que Charles Riepp a épousé Anne Eve le 18 avril 1741, après s’être engagé à ne jamais l’emmener en Allemagne loin de sa famille et à toujours demeurer en Franche Comté ou en Bourgogne.
Les amis de l’orgue de la Collégiale Notre Dame de Dole et les amis de l’orgue de la Cathédrale Saint Bénigne de Dijon s’y retrouvent pour célébrer le 300e anniversaire de la naissance de Charles Joseph Riepp. Une centaine de personnes se sont inscrites aux Journées Riepp 2010, venant de toute la France et de l'étranger, en particulier de Suisse, d'Allemagne et d'Italie.
Orgue de Dole (© Cliché PM Guéritey )
Le sourire de l'accueil : Christiane Bientz (Amis Orgue Dijon) et Mmes Ruty, Dumoulin et Coitoux (Amis Orgue de Dole) (Cliché MG)
Après l’évocation l’histoire de la construction de la collégiale (1508-1584) replacée par Roger Ruty dans son contexte politique économique et religieux, Jean Louis Langrognet décrit le monument et insiste sur la qualité de la restauration effectuée de 2006 à 2009, remarquable en ce qu’elle met en valeur la totalité du décor et du mobilier de l’édifice depuis la chaire à prêcher de Hugues Le Rupt (1601) jusqu’à la chapelle des combattants de 1919. Roger Ruty (cliché MG) Jean-Louis Langrognet (cliché MG)Les états successifs de l’instrument sont analysés par Pierre Marie Guéritey, et les improvisations d’Etienne Baillot permettent aux auditeurs de suivre l’évolution de l’orgue depuis sa construction par Charles Riepp (1750-54).
Pierre Marie Guéritey (cliché MG) Jacques Beraza et Jean-Louis Langrognet (cliché MG)Quelques organistes présents peuvent ensuite jouer le grand orgue comme Jean Pierre Rolland, Christophe Derryck,…, pendant ce temps les participants visitent la collégiale et la ville. Jean Pierre Rolland, Etienne Baillot et un participant aux Journées Riepp, Bernard Missol-Legoux, de Lyon (cliché Christophe Derryck)
Pierre Marie Guéritey, Philippe Hartmann et Jean Deloye (cliché Michelle Guéritey ©)
Après le dîner pris en commun à la Commanderie, le concert, donné par Jacques Beraza et Etienne Baillot, rassemble au pied de la tribune les amis de l’orgue de Dole et de Dijon, les participants aux Journées Riepp, ainsi qu’un nombreux public dolois.
(Cliché Chr. Derryck)
(Clichés Chr. Derryck)
Jacques Beraza a inscrit à son programme des pièces de Louis Couperin (Ave maris stella, Fugue 61, Fugue 18, Ave maris stella (trio), Fantaisie pour la Basse 13 et Duo), de François Couperin (Offertoire sur les Grands Jeux de la Messe des Paroisses) et de Johannes Brahms (Cinq chorals extraits de l’Opus 122).



Quant à Etienne Baillot, il a choisi de nous faire entendre Jan Pieterszoon Sweelinck (Toccata in g), Heinrich Scheidemann (Dic nobis Maria), Franz Tunder (Praeludium in g), Louis Marchand (Tierce en Taille et Quatuor), Jean-Sébastien Bach (Prélude et Fugue en ré mineur) et pour terminer Nicolas de Grigny (Cromhorne en taille à deux parties, Point d’orgue sur les Grands Jeux).
On a remarqué la présence au concert de M. Jean-Claude Wambst, maire de Dole, et du Père Raymond Mermet curé de la Collégiale.
Fin de cette première journée des Célébrations Riepp 2010.
Pour en savoir plus :
- Sur la Collégiale Notre-Dame de Dole, voir :
Notre-Dame de Dole / Gaulard Bénédicte, Jaquemart Jean-Pierre, Theurot Jacky - Dole : DMODMO éd., 2009 - 241 p., photographies Henri Bertand.
- Sur l'orgue de Dole, voir :
L'Orgue de Dole / Guéritey Pierre Marie, Ruty Roger, Jacquemart Jean-Pierre, Béraza Jacques - Frasne : Canevas éditions, 1993 - 127 p. ill. (Diffusion par l'association des Amis de l'orgue de Dole).
Karl-Joseph Riepp et l'orgue de Dole / Guéritey Pierre Marie - Bron : imprimerie Ferréol, 1985 - 2 vol. 649 p., ill., pl.
Pierre Marie et Michelle Guéritey.
© photos publiés sur ce message.