14 mars 2016

Prochain concert à l'église de Saint Jean de Losne

Un concert original Polyphonies corses et orgue...




Eglise paroissiale de Saint Jean de Losne, samedi 9 avril 2016 à 20h30 : concert de polyphonies corses et orgue avec le célèbre groupe a Vuciata, organisé avec le soutien de Saône Nature & Patrimoine qui aime mettre la voix en valeur ainsi que l'orgue de l'église paroissiale.
L'orgue sera tenu par Jean-Jacques Tournebise Ceruti, organiste de Forcalquier.
Ces voix venues du cœur qui, au fil des secondes qui passent, se chargent en grâce, en émotions, transportant jusqu'à nous des vagues d'une indicible douceur. Ces voix que l'on écoute presque religieusement, qui nous captivent au point que l'on hésite à les interrompre avant terme, qui par leur force et leur beauté nous amènent au bord des larmes.
A Vuciata se produit pour la première fois dans la région. Un concert à ne pas manquer !

Entrées : 15€ (gratuit – 14 ans). Rens. 033 80 79 08 33.

10 janvier 2016

L’orgue de l’église Saint-Philibert de Dijon

L’église Saint-Philibert, à côté de l'Abbaye Saint-Bénigne était l’église paroissiale du quartier où habitait Riepp. Voici quelques informations sur l’orgue (disparu) de cette église.
Le 2 janvier 1779 meurt Anne-Françoise Eve-Riepp, veuve de Charles-Joseph Riepp. On trouve dans ses papiers un « mémoire servant de compte rendu entre la dlle veuve Riepp le Sieur Rabiny et le sieur Vebvre, auquel est joint un état des paiements faits par la Veuve Riepp ». Ce document (évidemment disparu) prouve que les facteurs d’orgues Joseph Rabiny et Louis Weber étaient en affaires avec Madame Riepp.
Joseph Rabiny, établi à Dijon rue de la Porte-au-Fermerot,  paroisse Saint Nicolas, depuis 1772, avec Louis Weber, principal collaborateur de Riepp depuis 1748, avaient repris la clientèle de Riepp à la mort de celui-ci le 5 mai 1775. Ainsi, Rabiny entretient entre autres l’orgue de l’église Notre-Dame, et de l’église Saint-Michel, et en 1782-83, il reconstruit en partie l’orgue de l’église Saint-Philibert, paroisse de Riepp, (enterré sous la sacristie de cette église le 6 mai 1775, avec les macabres péripéties que j’ai racontées ici en mai 2010 :
L’orgue de Saint Philibert était alors constitué d’un positif (de dos) en bon état et d’un grand corps que Joseph Rabiny reconstruit complètement dans l’ancien buffet réparé. Dans son marché avec la fabrique, pour 1500 #, il prévoit de livrer deux sommiers à gravures intercalées avec les jeux du grand orgue : Montre 8’, Bourdon 8’, Prestant 4’, Nasard, Tierce, Doublette, grand Cornet, Trompette, Clairon, sur 50 notes (CD-d’’’) et les jeux de récit sur 32 notes (g-d’’’) : Cornet, Flûte, Hautbois et Trompette. Le clavier de pédale de 17 notes (CD-f) doit faire jouer en tirasse Trompette, Clairon, Montre, Bourdon et Prestant du grand orgue.
Rabiny s’engage à ajouter un troisième soufflet et à remettre en peaux l’ensemble de la soufflerie. Dans son devis, il mentionne que les deux grands sommiers et les trois claviers en chêne, plaqués « en blanc, et les feintes en ébène noir » sont déjà construits.
Rabiny se présente en tant que « Neveu de Riepp » aux fabriciens de Saint-Philibert, et il signe le marché « Rabiny-Riepp fac[teur] ».
C’est le sculpteur [Joseph] Duchesne qui effectue la réparation du grand buffet et de ses cariatides : « réparation de l’ancienne boiserie de l’orgue du fond et des figures qui semblent en former l’appui ».
Dijon, intérieur de l'église Saint-Philibert.
Contre ce mur ouest de l'église se trouvaient la tribune et l'orgue...
Ainsi, dans l’église Saint-Philibert, paroisse de Riepp, se trouvait un orgue de construction certainement ancienne, avec une montre de 6 pieds (Rabiny ajoute à la montre de 8’ les 4 premières notes en tuyaux de bois).
Dès 1737 Riepp entretient régulièrement cet instrument: ainsi, il s'agit de son premier travail connu à Dijon ; et on peut lui attribuer l’ajout du positif de dos, qui, en 1782 ne nécessitait pas autre chose que la remise en peaux des soupapes. En 1782-83, l’instrument est restauré et augmenté par Joseph Rabiny.
Nicolas Pigalle (1709 ?†5 mai 1786), organiste et facteur de clavecins, ami des frères Riepp, habitait rue Maison rouge (actuelle rue Berbisey), il a été organiste de l'église Saint-Jean puis de Saint-Bénigne, (d'abord comme "sous-traitant" de Claude Rameau), mais on n'a pas de preuve qu'il ait été organiste de Saint-Philibert.
On y trouve Bénigne Balbastre en 1713, puis, dès 1714 Jeanne Ormancey, qui reçoit 50 livres par an, sa sœur Claudine lui succède pour quelques mois en 1751. Ensuite, le Sr Bertheley occupe la tribune jusqu'à sa mort en août 1764, et à sa place apparaît une certaine Pétronille de la Haye, au moins jusqu'en 1767....le 23 mars 1778, la fabrique de Saint-Philibert couverte de dettes dit ne plus pouvoir payer ses employés dont 2 chantres et   l'organiste (qui n'est pas nommé); ce qui ne l'empêche pas quelques années plus tard de faire restaurer l'orgue et 'entreprendre d'autres embellissements... 
La confrérie de "St Hubaire", des marchands épiciers, employait  d'autres organistes pour ses cérémonies à Saint Philibert : en 1737-1739 Mlle fontaine, et en 1740, "Mlle Balbastre". Ce qui ne veut pas dire forcément que Marie Millot, veuve de Bénigne Balbastre jouait de l'orgue: elle recevait obligatoirement les appointements de son fils Claude, encore mineur et déjà habile organiste. On les trouve aussi à Saint-Jean entre la mort de Bénigne Balbastre en 1737, et la nomination de Claude Balbastre à la cathédrale Saint Etienne en 1743.
On notera aussi que pendant plusieurs années, le souffleur était une souffleuse,... comme d'ailleurs dans d'autres églises à Dijon. 
Le 13 mars 1793, François Callinet, désigné comme expert, constate que l’instrument a été vandalisé; ensuite, on n’entendra plus parler de l’orgue de la paroisse de Riepp.
© Pierre Marie Guéritey,10 janvier 2016. MAJ 20 06 2018, 07 08 2018 
sources :
AD21: contrôle des actes Dijon, comptes de la fabrique et du mépart,
BMS paroisse St Jean, (aimable communication de Sylvie Granger, Musefrem)

26 juin 2015

Anne Froidebise en concert à l'église de Saint Jean de Losne dimanche 5 juillet 2015 18h


Dimanche 5 juillet 2015 à 18h 

Eglise de Saint-Jean-de-Losne (21)

"Bach et la France"
Clavecin et orgue historique (Bénigne Boillot 1768)
Jean Sébastien Bach, Antoine Forqueray, André Raison, 
Jacques Champion de Chambonnières


Dimanche 5 juillet 2015 à 18 heures à l’église

"Bach et la France"

Clavecin et orgue historique (Bénigne Boillot 1768)

Jean Sébastien Bach, Antoine Forqueray,

André Raison, Jacques Champion de Chambonnières


Programme :

1) Suite en do mineur (clavecin)
J.S. Bach (1685-1750) :
Allemande et Courante de la Deuxième Suite française BWV 813

A. Forqueray(1671-1745) : La Sylva, La Boisson
Extraits des Pièces de viole, composées par Mr Forqueray le père, mises en pièces de clavecin par Mr Forqueray le fils ( J.B.A. Forqueray (1699-1782)

2) Kyrie en alternance (orgue)

A. Raison (avant 1650-1719) :
Premier Kyrie, gravement, de la Messe du troisième Ton
J.S. Bach: Kyrie, Gott ,Vater in Ewigkeit BWV 672, de la Clavierübung III
A. Raison : Second Kyrie, fugue grave sur la trompette
J.S. Bach: Fugue en mi mineur BWV 855
J.S. Bach: Christe, aller Welt Trost BWV 673, de la Clavierübung III
A. Raison : Christe, duo
A. Raison : Quatrième Kyrie dessus et basse de trompette,
J.S. Bach: Kyrie,Gott heiliger Geist BWV 674,
A. Raison : Dernier Kyrie, dialogue

3) Suite en sol majeur (clavecin)

J.S. Bach : Allemande, Courante, de la Cinquième Suite française BWV 816.
J. Champion de Chambonnières (1602-1672) :
Sarabande Jeunes Zéphirs, Double de la Sarabande, Menuet.
J.S. Bach : Gavotte et Loure de la Cinquième Suite française
J. Champion de Chambonnières : Gigue, la Villageoise.
J.S. Bach : Gigue de la Cinquième Suite française BWV 816.

 Anne Froidebise explique ses intentions pour ce programme :
 « Le programme de ce concert prend la forme d’un triptyque : clavecin, orgue, clavecin :
Dans la première partie du XVIIIe siècle ces deux instruments sont riches d’un répertoire composé par les plus grands musiciens du temps, en Allemagne comme en France.

On sait que Bach connaissait très bien la musique française. Plusieurs de ses pièces pour l’orgue ou le clavecin portent des titres ou des indications en français. Les suites françaises sont titrées « Suites pour le clavessin »  Des similitudes entre certaines de ses pièces et des pièces de compositeurs français ont été relevées depuis longtemps. Par exemple, le prélude de la première suite anglaise de Bach serait inspiré de la gigue de la première suite de clavecin de Charles Dieupart, le thème de la Passacaille en ut mineur est identique dans sa première moitié à la basse d’un trio d’André Raison.

Ce programme met Bach en perspective avec les compositeurs français Chambonnières, Raison et Forqueray, délaissant volontairement pour ce projet ses deux grands contemporains Couperin et Rameau.

Chaque partie du concert alterne dans un même cycle des pièces de Bach et des pièces françaises. Au clavecin, deux suites ont été assemblées en respectant l’unité tonale et le caractère des pièces d’une suite de danses conventionnelle. C’est ainsi que, dans la suite « recomposée »en do mineur, les pièces pour viole d’Antoine Forqueray, « La Sylva » et « La Boisson », prennent la place d’une sarabande et d’une gigue, alors que leur auteur ne les a pas désignées de la sorte. Dans la suite  « recomposée »en sol majeur, les pièces gardent leur titre de danse mais la confrontation vient de la grande différence d’écriture entre Bach et le claveciniste de la Chambre du Roy, né quatre-vingts ans avant lui.

Le volet destiné à l’orgue prend la forme d’un Kyrie, organisé selon le cérémonial préconisant l’alternance entre versets joués à l’orgue et versets chantés. Les pages de Bach prennent la place des parties chantées.
Ici aussi, il y a confrontation entre les trois chorals de Bach, pièces de la maturité, la fugue à deux voix, issue du Premier livre du Clavier bien tempéré, et le langage volontairement simple, fonctionnel et efficace de l’organiste français ».


Anne Froidebise
a fait ses études aux Conservatoire Royaux de Liège et de Bruxelles où elle a été diplômée pour les trois instruments à clavier: piano (classe de Robert Leuridan), orgue (classe de Hubert Schoonbroodt) et clavecin (classe de Charles Koenig). Elle a également reçu les conseils de Xavier Darasse et Bernard Lagacé lors d’académies d’été.
Son intérêt pour toute la littérature de l’orgue lui a permis de se produire sur de nombreux instruments d’esthétiques différentes, anciens et modernes, réputés ou moins connus.
En musique de chambre elle a été associée pendant une vingtaine d’années aux flûtistes Jean-Paul et Emmanuel Pirard avec lesquels elle a donné de très nombreux concerts en Europe et aux Etats –Unis. Comme claveciniste elle a joué à plusieurs reprises l’intégrale des sonates de Bach pour flûte et pour violon. Elle s’est produite en soliste avec l’orchestre philharmonique de Liège  et différents orchestres de chambre.
Sa discographie est importante, plus de vingt enregistrements
L’enseignement représente une grande partie de sa vie de musicienne. Professeur d’orgue au Conservatoire Royal de Liège et professeur d’orgue et de clavecin au Conservatoire de Verviers, elle rencontre chaque semaine des étudiants et élèves de tous âges et de tous niveaux, du débutant enfant ou adulte au jeune professionnel au seuil du métier. 
Soucieuse de faire mieux connaître l’orgue et sa musique, elle poursuit, au sein de l’association « Art et Orgue en Wallonie »une action de sensibilisation du public par l’organisation de concerts, d’exposés et de visites guidées, en collaboration avec différents partenaires.

Membre de la Commission Royale des Monuments, Sites et Fouilles de la Région Wallonne de 1992 à 2014, elle est actuellement vice-présidente de la Fédération Francophone des Amis de l’Orgue (FFAO).

24 janvier 2015

Charles-Joseph Riepp, un facteur d'orgues français ?









Cet article a été rédigé en 2010, pour une éventuelle publication après les journées-anniversaire de Dijon et Dole. Il n'a jamais été publié, mais vous pouvez maintenant le lire, à l'occasion du 305° anniversaire de la naissance de Riepp (24 janvier 1710), en cliquant sur un des liens ci-dessous,  



27 septembre 2014

Rameau à l'honneur à la cathédrale Saint Bénigne de Dijon les 18 et 19 octobre.

Le week end des 18 et 19 octobre 2014, deux concerts organisés dans le cadre des fêtes "La cathédrale de Dijon honore Jean-Philippe Rameau", par les Amis de l'orgue de la cathédrale de Dijon.
1/ Samedi 18 octobre 2014, 20 heures, « Les opéras de Rameau : Les Sauvages et autres airs», dans le cadre des fêtes « La cathédrale honore Jean Philippe Rameau », avec Yves Rechsteiner orgue et Henri Charles Caget percussions.
Concert retransmis sur grand écran.
Billetterie : entrée portail de la cathédrale - Tarifs : 11€ et tarif réduit : 8€ (jeunes de +14 ans et étudiants). Gratuit – 14 ans.

2/ Dimanche 19 octobre 2014, 17 heures, concert «Flamboyance des grands motets et airs de Jean Philippe Rameau », dans le cadre des fêtes «La cathédrale honore Jean Philippe Rameau», Ensemble Joseph Samson, sous la direction de Jean-Louis Gand, avec Fabienne Conrad soprano et Frédéric Mayeur orgue.
Billetterie : entrée portail de la cathédrale - Tarifs : 11€ et tarif réduit : 8€ (jeunes de +14 ans et étudiants). Gratuit – 14 ans.

Organisation : Amis de l’Orgue de la cathédrale de Dijon – 6 rue Danton – 21000 Dijon – Tél. 06 83 91 46 29.

Concert de Jean-Luc Ho à la collégiale Notre Dame de Dole ce dimanche 28 septembre

Ce dimanche 28 septembre à 17h30, à la collégiale Notre-Dame de Dole concert Jean Luc Ho :
http://www.amisorguedole.fr/amisorguedole/Concert_Jean-Luc_Ho.html
Organisation : Les Amis de l'orgue de Dole

18 septembre 2014

Charles-Joseph Riepp et les orgues sans tuyaux apparents

 Charles-Joseph Riepp était en relations avec de nombreux architectes et artistes en Bourgogne et en Souabe. Il a conçu des projets d’orgues sans tuyaux apparents : pour l’abbaye d’Ottobeuren avec Johann-Michael Feuchtmayer, et pour l’abbaye de Salem avec Antoine Bizac, sculpteur et architecte du prince de Condé gouverneur de Bourgogne à Dijon. A la même époque, des projets semblables ont été élaborés en France pour l’église Saint-Sulpice à Paris, et pour l’église Saint-Jacques de Lunéville. Seul ce dernier a été réalisé.
Il convient de distinguer les projets de buffets d’orgues sans tuyaux de façade des projets d’orgues sans buffet dissimulés dans un décor d’architecture comme c’est le cas à Lunéville.
Le texte suivant présente les projets de Charles-Joseph Riepp dans le contexte de cet intérêt éphémère et contesté pour des orgues sans tuyaux apparents au milieu du XVIIIe s. :